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F.M.G

 
 
 François-Michel Gonnot 
 Avocat
 Député honoraire
 
 

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 17:14

Voici la lettre que je viens d’envoyer au Président de la République avec une dizaine d’autres députés concernés par la future réforme des Armées.
Nous avons également demandé à être reçu par Nicolas Sarkozy.

 

« Monsieur le Président de la République,

 

« Nous, parlementaires, membres de la majorité, venons vous alerter sur les conséquences des mesures contenues dans le Livre blanc sur la défense nationale. Si les suppressions de régiments et les abandons de garnisons annoncés venaient à être confirmés ces prochaines semaines et mis en œuvre d’ici la fin de nos mandats, nos territoires seraient lourdement et injustement impactés.

« La plupart de nos régiments emploient aujourd’hui plus d'un millier de militaires et de personnels civils. Si l'on ajoute à ce chiffre le nombre d'emplois indirects générés, leur suppression constituerait pour nos régions un drame sans commune mesure avec les restructurations industrielles qui ont émaillé l'actualité récente (Arcelor-Mittal à Gandrange, Kléber à Toul, Smoby en Franche Comté, etc.)

« Ces fermetures seraient d'autant plus difficilement explicables qu'elles trouveraient leurs origines dans des décisions venant d'un gouvernement que nous soutenons sans fléchir.

« Si nous adhérons de longue date à la nécessité de conduire la réforme historique de nos politiques publiques, nous estimons en revanche que certains territoires doivent sans doute être ménagés dans ce grand mouvement de rationalisation de la présence et de l’action publiques. Ainsi, à titre d’exemple, l’est de la France, premier touché par ce redéploiement des moyens de l’armée de terre, peut-il payer un si lourd tribut, ne serait-ce qu’au regard de l’effort historique qu’il dut consentir tout au long du 20ème siècle pour défendre le pays en première ligne ? De ce tissu d’implantations militaires est née une culture de l’enracinement territorial des armées, de leur participation à la vie économique, de leur poids démographique. Il en va de nos familles, de nos écoles, de nos commerces et de nos entreprises. Si la situation géopolitique a bel et bien évolué, doit-on pour autant opérer de tels sacrifices ?

« Nous nous interrogeons également sur les logiques économiques des regroupements actuellement à l’étude. Nous ne sommes pas convaincus que le regroupement de plusieurs régiments sur des lieux uniques sera générateur d'importantes économies, d'autant qu'il faudra sans nul doute réinvestir pour constituer ces nouveaux pôles militaires, et brader conjointement une part des équipements actuels pour lesquels nous avons déjà beaucoup investi…

« Dans cet esprit, nous en appelons à votre bon sens et à votre souci d'éviter la généralisation de drames humains et économiques à grande échelle. Si les informations publiées dans la presse se révélaient fondées, la restructuration de notre système de défense entraînerait des conséquences bien plus lourdes que certaines réformes nécessaires mais souvent douloureuses que le gouvernement a engagé, notamment celle de la carte judiciaire.

« Si, comme l’a rappelé votre Ministre de la Défense,  l’armée n’a pas vocation à faire de l’aménagement du territoire, elle n’est pas davantage appelée à déserter, en temps de guerre comme en temps de paix.

« Nous vous remercions pour la suite que vous donnerez à cette démarche et vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre très haute considération ».

 

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Published by Francois Michel Gonnot
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alex 16/04/2008 23:57

Monsieur le député,

Il est vrai que le départ du RMT aura(it) des conséquences économiques funestes sur le noyonnais. Comme d'ailleurs pour chacune des villes de garnison en France qui perdent leurs régiments.

Maintenant, je ne suis pas totalement sûr que cela soit le meilleur axe pour attaquer le problème et s'y opposer.

La question est : est-ce que d'un point de vue militaire et stratégique la mesure est nécessaire et incontournable ? Si oui, le débat est clos et Noyon doit s’incliner.

La vocation d'un régiment est, en effet, si je ne m'abuse, d'ordre guerrier plutôt que social ou économique.

Or, en l'occurence, il semble bien que les décisions des stratèges du gouvernement en matière de redéploiement des armées soient surtout d'ordre économique.

Oui, en effet il faut réaliser de substantielles économies parce que, par ailleur,s des choix extrêmement dispendieux ont été retenus.

Par exemple, la transformation quantitative et qualitative des missions des troupes françaises engagées sur le "théâtre d'opérations" afghan (pourvu que ça ne se termine pas en Grand Guignol sanglant !).

Autre exemple également, l'abandon (aux américains !) de la base de Djibouti et de ses installations pour la création, aux frais de la France, d’une base nouvelle inter-armes dans un émirat du Golfe – juste en face de la poudrière iranienne - représente également un budget colossal (totalement inutile et contestable sur un plan géostratégique) qui aurait pu être plus intelligemment affecté aux dépenses métropolitaines.

Pour faire court, rien ne justifie les actuels mouvements régimentaires et autres dissolutions d’unités hormis le besoin de réaliser des économies pour réaffecter des crédits.

Economies rendues nécessaires pour mener à bien cette politique ahurissante du président Sarkozy qui décide, dans un retournement à 180° de la politique extérieure française, de s’aligner dans un garde-à-vous impeccable derrière les U.S.A. : afghanistan, Abou Dhabi, etc.

L’intégration servile de l’armée française dans les rangs et au service de la stratégie de l’OTAN ne sert à rien d’autre que d’assouvir l’ambition futile et démesurée d’un personnage qui fait passer son désir égotiste de “jouer un rôle” avant les intérêts véritables du pays dont il devrait être le premier serviteur (ses détracteurs parlent de monarchie ; jamais un de nos monarque n’a eu l’impudence, ni même le pouvoir, de procéder à des abandons de souveraineté !).
Quelques colifichets honorifiques et sans conséquences au sein de la NATO distribués à des officiers généraux achèveront de convaincre les hésitants à se rallier à une politique collaborationniste avec les maîtres du monde (qui ont besoin de supplétifs ; que le dieu des armées nous épargne le sort des ex-supplétifs de l’armée française…).

Et voilà, monsieur le député, comment les options géo-stratégiques, induites par des choix irresponsables, de celui qui reste le patron de l’UMP ont des conséquences économiques locales fâcheuses qui vous mettent aujourd’hui en équilibre instable avec vos électeurs.

Je ne voudrais pas paraître trop sarcastique, monsieur le député, mais, de même que vous n’avez pas eu trop d’états d’âme en donnant votre aval d’élu de la Nation au “Traité de Lisbonne” - qui pourtant faisait grincer les dents de 55% de français, toutes couleurs politiques confondues – il vous suffira de vous persuader que c’est “pour le bien de l’Europe” que vous acceptez de voir le noyonnais perdre de sa substance humaine et économique.

Vous pouvez également choisir une autre option – pas facile celle-là mais courageuse et honorable – qui consisterait à vous élever vigoureusement contre les abandons de souveraineté (*) consentis par un homme politique qui met son désir de briller au sein du cercle restreint des chefs d’état (éphémère vanité rendue possible par la complicité silencieuse des élus) bien loin devant les intérêts de la nation.
Oui, une politique militaire d’indépendance – telle que le général de Gaulle a su en son temps la promouvoir, reste totalement compatible avec des régiments disséminés sur le territoire national.
À ces conditions, le RMT, Premier régiment rallié à la France libre, n’aurait aucune raison d’être déplacé vers Laon ou ailleurs (sauf pour satisfaire les caprices d’un ministre plus compétent en matière de chevaux de course qu’en affaires militaires)

Vous n’aurez gain de cause qu’en sachant vous opposer fermement à celui qui n’a plus que 4 années de pouvoir à espérer.

Recevez, monsieur le député, mes respectueuses salutations

M.M.H.

* ce que vous avez fait en prenant récemment la défense de la langue française