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F.M.G

 
 
 François-Michel Gonnot 
 Avocat
 Député honoraire
 
 

mail : gonnot2007@yahoo.fr 

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 09:07

La question n’est plus de savoir si le port fluvial du noyonnais sera à Catigny ou à Beaurains.

La question est désormais de savoir si l’on peut (et si tout le monde veut) sauver le projet de port de Noyon.

C’est la leçon que je tire de la réunion organisée vendredi soir à la sous-préfecture de Compiègne. Pendant plus de quatre heures, VNF a présenté les conclusions de l’étude complémentaire, demandée il y a un an par la nouvelle communauté de communes, sur le site de la future « plateforme multimodale du noyonnais » (c’est le nom officiel du port).

Il est clair que VNF préfère le site choisi il y a deux ans et demi par les élus du noyonnais et validé depuis par l’Etat et VNF. Ce site, qui installerait le port sur les communes de Beaurains-les-Noyon, Porquéricourt, Vauchelles et Noyon, présente selon VNF plusieurs avantages par rapport à celui qui l’assoirait, quatre kilomètres plus loin, sur les communes de Catigny et Sermaize :

- Le site de Beaurains est plus proche des populations et des services de la ville de Noyon, ce qui réduirait les déplacements domicile-travail et les coûts de transport pour les entreprises déjà installées sur Noyon et qui utiliseraient le port.

- Il serait proche d’un site déjà urbanisé. Il abîmerait moins l’environnement et éviterait le mitage du paysage agricole entre Sermaize-Catigny et Noyon.

- Le site de Catigny oblige, lui, de prolonger de 4 kms la ligne ferroviaire à partir de Noyon avec des ouvrages compliqués pour franchir la RD934 et la RD611.  

- Trois lignes électriques (de 400 KV, de 220 KV et de 63 KV) gèleraient 20 hectares inconstructibles, en plein milieu du site de Catigny.

- Le site de Catigny aurait un surcoût de 14,7 millions d’euros, sur un coût de construction du port estimé aujourd’hui à 75 millions d’euros (soit +20%).

- Le choix de Catigny oblige à refaire une étude d’impact, une DUP, une enquête publique, des fouilles archéologiques. Il entraînerait donc des délais de réalisation supplémentaires estimés à deux ans, ou quatre ans en cas de contentieux.

- Enfin, le choix de Catigny fait peser un risque important de ralentissement de l’ensemble du chantier du canal (inacceptable pour VNF) et compromettrait la pré commercialisation des quatre nouveaux ports prévus sur Seine-nord.

Toutes ces raisons conduisent VNF à proposer le maintien du port à l’emplacement choisi à l’époque.

 

ET MAINTENANT ?

Une réunion est prévue prochainement avec le Conseil général, financeur du port à hauteur de 50 millions d’euros. Une nouvelle rencontre avec les élus du noyonnais aura lieu avant le 14 juillet. Puis viendra pour tous le moment des décisions.

Le maire socialiste de Noyon, qui veut plaire aux communes de son canton, a menacé, au cours de la réunion de vendredi, de prendre le risque de dire non à VNF et de faire le pari d’un port à Catigny, malgré les risques juridiques, financiers et économiques qui pèseraient sur sa réalisation.

Les agriculteurs, dans ce cas-là menacent de stopper toutes les négociations  avec VNF, ce qui aurait pour conséquence de geler tout le chantier de Seine-Nord dans l’Oise.

Les maires, d’un côté comme de l’autre, disent vouloir tout bloquer si leurs communes sont choisies.

Ainsi, la réunion de vendredi a montré que si certains élus du noyonnais ne se ressaisissent pas rapidement, l’hypothèse est très plausible que le port de Noyon ne se fasse tout simplement pas.

Le noyonnais ne peut pas se le permettre. Dans les années 60, la ville a dit non à l’autoroute A1 qui devait passer à mi-chemin de Noyon et Roye. Cinquante ans plus tard, le noyonnais ne s’en est toujours pas remis.

Aujourd’hui, après avoir perdu successivement Jacob Delafon, InterSnacks, le RMT, et très bientôt une autre entreprise emblématique du passé industriel de la ville, le noyonnais peut-il s’amuser à bouder le projet de port que propose l’Etat avec ses 500 nouveaux emplois potentiels ?

Peut-on prendre le risque, avec dans la seule ville de Noyon 2.000 chômeurs et 600 Rmistes, de perdre deux ans, voire quatre, pour voir aboutir le seul projet économique sérieux du secteur, sous prétexte que l’on pense qu’il serait mieux ailleurs ?

Dire non au port, retarder le port à une date hypothétique, c’est prendre le risque de tuer le port.

J’en appelle au bon sens et à la raison de tous les élus et de tous les acteurs du noyonnais, car aujourd’hui la seule chose qui compte, c’est de sauver le port de Noyon.

 

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Published by Francois Michel Gonnot
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commentaires

Jean 23/06/2009 09:40

Vous avez parlé du port dans le Courrier Picard comme le seul projet sérieux pour vaincre le chômage de la ville... Certes, la construction va donner du travail temporaire à des personnes! Mais après? Il ne s'agira que d'une plateforme logistique donc employant peu de personne! Non, je ne suis pas pessimiste mais réaliste. Alors que le port se trouve ici ou ailleurs, cela se changera rien.

zoé 23/06/2009 09:36

bien sur...a condition de bien indemniser les "locaux" pour les  préjudices ...de tout de façon tout est deja décidé depuis  longtemps.l'avenir appartient a celui qui se leve tot :)

Verdilhan-Boulongne N 22/06/2009 21:01

OUI POUR LE PORT DE BEAURAINS
Nous pouvons tous être solidaire pour déclarer la voie navigable la plus usitée et qui deviendra la plus fiable/sure de VNF
Mobilisons nous pour acceder à une GRANDE DECISION SOLIDAIRE, un GRAND SUCCES PICARD ET UNE/NOTRE AVENTURE TOUTE FRANCAISE ET CITOYENNE

Un Citoyen 22/06/2009 16:31

La situation économique du Noyonnais est catastrophique.
Prendre des décisions d‘intérêt collectif va à l’encontre de quelques intérêts privés.
La, il y a face à face l’intérêt de quelques particuliers qui n'ont pas envie de voir passer des péniches au bout de leur jardin et celui de milliers de de chômeurs.
Les élus du Noyonnais sauront ils défendre l’ intérêt collectif et celui de l’avenir du Noyonnais?

un noyonnais 22/06/2009 12:23

En y regardant de près, que constate-t-on?Un maire Noyonnais qui pense à son électorat pour les prochaines cantonales, ce qui implique que: ''pas de plateforme sur porquéricourt-beaurains-vauchelles''.Maintenant, au travers des divers articles concernant ce projet, on constate que c' est le conseil général qui va trancher ou presque.qu'attendez-vous?? qu'il transfert la plateforme sur Catigny ?? Moi je pense que personnes ne veut de ce projet. Des emmerdes à gérer, des responsabilités supplémentaires etc etc..Noyon est depuis longtemps pressenti pour être une ville dortoire, on y va à grands pas.. Pas d'emmerdes à gérer, juste un peu de folklore de temps en temps pour attirer les touristes, et priorité à la déco!!!!!!!!!!!Les boites qui ferment une à une, on s'en fout, on préfère se concentrer sur le visuel (les drapeaux) sur le confort des consommateurs qui ne peuvent plus fumer dans les bistros, alors on pique du parking pour faire de belles terrasses. quelle terrible injustice pour les cafetiers qui n'ont pas de trottoirs devant chez eux et pour agrémenter tout cela, un peu de culturel, comme le festival de la musique qui a débuté avant les autres (plutôt boudé par les Noyonnais) pas une grande réussite.Folklore!!! folklore!!! et ce n'est pas fini, la suite arrive. Noyon va se transformer en oasis.Alors devant ces tristes exemples, n'espérez pas que Noyon se développe.et pour reprendre une citation du maire: ''la messe est dites''.Alors, à quoi bon se battre.Pendant que certains font tout ce qu'ils peuvent pour redresser l'économie de notre pays, les autres se contentent de continuer à laisser filer la dépense publique tout en profitant de certaines mesures que le gouvernement met en place.Pauvre ville de Noyon.