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F.M.G

 
 
 François-Michel Gonnot 
 Avocat
 Député honoraire
 
 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 12:15

Dans le cadre de la mission que je poursuis pour l’Assemblée nationale avec mon collègue socialiste Philippe Martin, député du Gers, sur les pétroles et les gaz de schiste, nous avons réussi à nous procurer une note du Service des ressources naturelles (Commission de protection pétrole et gaz, COGCC) de l’Etat du Colorado, en date du 29 octobre 2010, à propos du film Gasland que les écolos de la planète diffusent largement pour contester la recherche et l’exploitation de ces pétroles et de ces gaz.

Ce document officiel dénonce les conditions de tournage du film et accusent ses auteurs d’erreurs volontaires et de manipulation. On peut le consulter dans son intégralité : http://cogcc.state.co.us/library/GASLAND%20DOC.pdf

En voici de larges extraits en français :

 

« Le documentaire Gasland a beaucoup attiré l’attention. Entre autres, il prétend que la fracturation hydraulique des puits de pétrole et de gaz a provoqué la contamination des puits d’eau environnants par du méthane dans un certain nombre d’états, dont le Colorado.

« Comme un débat public informé sur la fracturation hydraulique repose sur des informations exactes, la Commission de protection pétrole et gaz du Colorado souhaiterait apporter des corrections sur plusieurs erreurs dans la description des incidents du Colorado dans le film.

LE CONTEXTE :

« Le méthane est un hydrocarbure gazeux naturel, inflammable et explosif à certaines concentrations. Il est produit soit par les bactéries soit par des processus géologiques impliquant de la chaleur et de la pression. Le méthane biogène provient soit de la décomposition des matières organiques par fermentation, souvent observée dans les zones humides, soit de la réduction chimique du dioxyde de carbone. Certaines formations géologiques superficielles aquifères, dans lesquelles les puits d’eau sont parfois réalisés, en contiennent. Le méthane thermogène est issu de la décomposition thermique des matières organiques enfouies. On le trouve dans les roches enterrées plus profondément dans la terre, et il est produit lors du forage d’un puits de pétrole et de gaz et lors de la fracturation hydraulique des rochers qui contiennent le gaz. Dans le Colorado, le méthane thermogène est généralement associé au développement des gisements de pétrole et de gaz, alors que ce n’est pas le cas du méthane biogène.

« Les méthodes analytiques utilisées pour différencier les deux types de méthane sont bien connues et acceptées d’un point de vue scientifique (…). En se basant sur les analyses de centaines d’échantillons de gaz du Colorado qu’elle a réalisées au cours de nombreuses années, la COGCC est capable de distinguer le méthane biogène du méthane thermogène à l’aide de l’analyse des isotopes stables du méthane et de l’analyse de composition du gaz. Dans les bassins de Denver-Julesburg et de Piceance, la COGCC a systématiquement trouvé que le gaz biogène contient uniquement du méthane et une très petite quantité d’éthane, alors que le gaz thermogène ne contient pas seulement du méthane et de l’éthane, et également des hydrocarbures plus lourds comme le propane, le butane, le pentane et les hexanes. Gasland attribue de manière erronée plusieurs cas de contamination de puits d’eau dans le Colorado au développement des gisements de pétrole et de gaz, alors que nos enquêtes ont déterminé que les puits en question contenaient du méthane biogène, ne pouvant pas être attribué à ce développement.

LES PUITS DU COMTÉ DE WELD :

« Gasland présente trois propriétaires du comté de Weld, Mike Markham, Renee McClure et Aimee Elisworth, dont les puits d’eau ont été censément contaminés par le développement des gisements de pétrole et de gaz. La COGCC a examiné les plaintes de ces trois propriétaires en 2008 et 2009, et nous avons émis des rapports écrits résumant nos conclusions dans chaque cas. Nous avons conclu que le puits d’Aimee Elisworth contenant un mélange de méthane biogène et thermogène, pouvant être en partie attribué au développement du gisement de pétrole et de gaz, et Mme Elisworth et un opérateur sont parvenus à un accord dans ce cas.

« Cependant, avec les mêmes techniques d’investigation, nous avons conclu que les puits de Mike Markham et de Renee McClure contenaient du gaz biogène, sans lien avec l’activité pétrolière et gazière. Malheureusement, Gasland ne mentionne pas nos conclusions sur le puits McClure et rejette d’emblée celles sur le puits Markham (…).

« La COGCC a également examiné les dossiers de tous les puits de pétrole et de gaz situés à moins de 800 m des puits Markham et McClure, ce qui représente plus du double de la longueur typique de fracturation hydraulique dans le Colorado. Cet examen a indiqué que tous les puits de pétrole et gaz à proximité du puits Markham ont été forés et ont subi une fracturation hydraulique en 1991, sauf deux puits fracturés respectivement en 2005 et 2006, et tous les puits de pétrole et gaz à proximité du puits McClure ont été forés et ont subi une fracturation hydraulique en 2002, sauf un qui a été fracturé en 2005. Les dossiers ne font état d’aucune défaillance de pression ou d’autre problème associé à ces puits, qui auraient pu indiquer une perte du fluide de fracturation ou du gaz de sondage du puits vers les formations géologiques environnantes (…).

« Pour appuyer sa thèse que les puits d’eau Markham et McClure ont été contaminés par le développement du gisement de pétrole et de gaz, le site internet Gasland apporte plusieurs arguments qui méritent une brève réponse. D’abord, le site Internet cite le professeur Anthony Ingraffea de l’université Cornell sur la suggestion que le forage et la fracturation hydraulique pourraient entraîner la migration du méthane biogène vers les aquifères dans certaines circonstances. Cependant, la déclaration du professeur Ingraffea ne suggère pas que ces circonstances s’appliquent aux puits Markham et McClure et elle n’aborde pas non plus la nombreuse bibliographie scientifique indiquant que le méthane biogène est naturellement présent dans l’aquifère en question.

« Ensuite, le site internet cite Weston Wilson, un salarié de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) qui émet l’hypothèse que les opérateurs pétroliers et gaziers du comté de Weld prélèvent de grandes quantités d’eau dans la nappe phréatique et que ces prélèvements libèrent du méthane biogène. Or, les compagnies pétrolières et gazières du comté de Weld obtiennent la plupart de l’eau des municipalités, qui s’approvisionnent dans les sources d’eau de surface, comme les projets Colorado-Big Thompson et Windy Gapp.

« Enfin, le site internet soutient que l’eau des puits Markham McClure s’est détériorée après le forage et la fracturation hydraulique qui se sont produits à proximité. Cependant, les dossiers de la COGCC indiquent peu ou pas de relation temporelle entre les plaintes Markham et McClure et les activités de forage et de fracturation hydraulique à proximité, qui se sont produites plusieurs années voire de nombreuses années auparavant.

LES DÉGAGEMENTS DE GAZ DE WEST DIVIDE CREEK :

« Gasland aborde également le sujet des plaintes concernant l’activité pétrolière et gazière dans la région de West Divide Creek du bassin de Piceance dans le comté de Garfield, même si là encore il confond les questions liées au gaz biogène et celles liées au gaz thermogène. Le film se concentre sur deux dégagements de gaz proches d’un point de vue géographique mais d’origines distinctes.

« Un des dégagements de gaz se produit dans une zone humide d’une propriété appartenant à Lisa Bracken qui intervient dans le film ; celui-ci contient du méthane biogène. L’autre se situe à environ 500m au sud, sur une propriété appartenant à un voisin. Il comporte du méthane thermogène provoqué par l’échec de la société EnCana  à cimenter correctement un puits de gaz naturel (…). Le 16 août 2004, suite à une audience publique, la COGCC a approuvé un ordre d’exécution qui imposait une importante contravention à l’encontre de l’opérateur.

« La COGCC a également recueilli six échantillons d’eau à quatre moments différents en 2004, 2007 et 2009 et dix échantillons de sol à plusieurs occasions, en 2008 et 2009, dans la propriété de Mme Bracken. Les composés BTEX et/ou les autres hydrocarbures associés aux opérations pétrolières  et gazières n’ont été détectés dans aucun de ces échantillons. Au vu de ces résultats, la COGCC a conclu que le dégagement de gaz sur la propriété  de Mme Bracken provenait de la fermentation de matière organique par les bactéries méthanogènes. Ce phénomène n’est pas rare dans les zones humides, telles que celles qui existent le long de West Divide Creek.

AUTRES INFORMATIONS :

« Le développement de gisements de pétrole et de gaz est une activité industrielle, et les propriétaires se plaignent parfois qu’il a contaminé leur puits d’eau. La COGCC examine toutes ces plaintes et rend compte des résultats de manière individuelle au plaignant et de manière collective au service de contrôle qualité des eaux du Colorado (…).

« La production de pétrole et de gaz dans la plupart du Colorado se déroule à des profondeurs pouvant atteindre environ 2.500 m en dessous de la surface du sol, alors que les aquifères qui alimentent les puits d’eau domestiques se situent en général à moins de 300 m en dessous de la surface du sol.

« Les réglementations de la COGCC précisent des normes de coffrage et de cimentation pour s’assurer que le gaz produit à 2.500 m de profondeur ne fuit pas vers les aquifères moins profonds. Ces réglementations nécessitent que les puits soient coffrés avec des conduites en acier et que le coffrage soit entouré de ciment pour créer un joint hydraulique dans l’espace annulaire entre la paroi du trou de forage du puits et la conduite en acier. Un certain nombre d’amendements récents des réglementations de la COGCC traitent d’autre part de préoccupations soulevées à propos de la fracturation hydraulique (…).

« Enfin, il faut savoir que le directeur de la COGCC, Dave Neslin, a proposé de s’entretenir devant la caméra avec le producteur de Gasland, Josh Fox, au cours du tournage du film. Comme les questions sont techniques et complexes, et éveillent des préoccupations chez de nombreuses personnes, le directeur Neslin a demandé à être autorisé à examiner le contenu de l’entretien qui serait inclus dans le film final. Malheureusement, M. Fox a refusé. Une telle discussion aurait pu éviter les inexactitudes relevées ci-dessus. »

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Published by Francois Michel Gonnot
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Marc Feugere 06/05/2011 18:07



Merci Mr le député pour votre contribution à plus d'honneteté dans le débat actuel sur les gaz ou huiles de schiste. J'ai constaté avec une grande déception que certains de vos confrères à
l'Assemblée nationale, dont un qui  nourrit de grandes ambitions personnelles , se sont quasi uniquement basés su ce film manipulateur pour  construire leur avis sur cette question .
C'est vraiment réducteur et biaisant, et très regrettable  pour un débat de cette importance pour notre nation, tant pour la protection de l'environnement que pour la securité des
approvisionements stratégiques des hydrocarbures.


J'espère que votre vote sur les propositions de loi qui seront débatues en urgence ces 10 et 11 mai prochains sur ce thême sera en harmonie avec votre courageuse position qui vous fait honneur.


 



Henri 26/04/2011 10:26



C'EST INCROYABLE CE QUE L'ON PEUT MANIPULER LES GENS. C'EST HONTEUX !
MERCI M. GONNOT