Je sors pour la troisième fois du Ministère de la Défense à propos du Régiment de Marche du Tchad.
Les choses sont désormais très claires. Les restructurations militaires seront annoncées d’ici quelques semaines. La question pour nous, élus de l’Oise, est de savoir si le Conseil régional, le Conseil général, le Pays noyonnais et les communes de Noyon et Genvry sont capables, ou non, de proposer sous quinze jours au Ministère une solution pour garder le RMT et accueillir un autre régiment d’infanterie au quartier Berniquet ?
Pour avoir une chance d’aboutir, la réponse doit être satisfaisante au niveau opérationnel pour le RMT et budgétairement alléchante pour le ministère de la Défense.
Si nous ne sommes pas capables de présenter une alternative crédible et rapide d’extension du quartier Berniquet, considérons dès aujourd’hui que le RMT aura quitté Noyon pour Colmar, au plus tard le 1er juillet 2011.
L’affaire est entendue. A nous de savoir ce que nous voulons, au-delà des vœux pieux, des motions ou des larmes de crocodiles.
Je sais ce que d’autres font actuellement pour garder leurs garnisons. Je sais, par exemple, ce que propose le Conseil général de Saône-et-Loire pour sauver la base de Luxeuil. J’ai dîné mardi soir avec les présidents des Conseils généraux de la Haute-Marne et de la Meuse. Je sais ce qu’ils mettent sur la table pour sauver le régiment de Chaumont et en accueillir un second dans ce qui va devenir une nouvelle base de défense, ou pour garder le régiment de Commercy.
Ils ne se contentent pas de critiquer la réforme et de voter des motions que personne ne lit. Ils se battent à Paris. Ils mobilisent les villes concernées. Ils montent des projets et mettent de l’argent, souvent beaucoup d’argent, sur la table.
Et ça marche ! Sommes-nous prêts à faire la même chose pour Noyon ? C’est ce que je demande, malheureusement sans succès, depuis des mois maintenant. Car Noyon va être, avec Compiègne, les seules villes de l’Oise à vraiment souffrir des restructurations en projet. Creil gardera sa base qui va même être renforcée. Senlis va perdre sa garnison mais conservera l’essentiel des familles de militaires.
Le Conseil général de l’Oise et le Conseil régional de Picardie sont-ils prêts à financer le renforcement de la présence militaire à Noyon, c’est-à-dire l’extension du quartier Berniquet ? Le Pays noyonnais et les communes de Noyon et Genvry veulent-elles vraiment porter ce projet ? Ce sont les questions qui sont posées aux élus et qui doivent trouver une réponse d’ici deux ou trois semaines.
Faute d’une volonté claire et argumentée, il ne restera plus à ces mêmes collectivités qu’à pleurer et à négocier des compensations, c’est-à-dire des cacahuètes.