Un jour, c’était le 22 avril dernier, j’ai eu la stupide idée, après avoir vu une pub, de décrocher mon téléphone et d’appeler le 1014 pour demander l’ouverture à mon domicile d’une ligne téléphonique et l’installation d’une live box pour la télé et internet.
Je n’aurais jamais dû faire cela !
Jamais, je n’aurais imaginé ce qui s’en est suivi… D’abord, on m’a attribué un numéro de téléphone et deux rendez-vous : le premier pour une société privée qui devait m’installer la ligne téléphonique pour le compte de France-télécom ; le second pour qu’Orange, filiale de France-télécom, vienne m’installer la live box, les chaînes télé et internet.
Dès ce premier appel, j’aurais dû me méfier. L’ouverture du compte se fait par l’attribution d’un numéro de téléphone. Je n’ai pas compris quand mon interlocutrice m’a attribué un numéro dans la Somme (03.22...).
- J’habite dans l’Oise, Madame, à Noyon, vous devez faire erreur…
- Mais non ! Je sais ce que je fais, Monsieur ! Prenez note des deux rendez-vous. Le premier aura lieu dans six jours, le 28 avril…
Bien sûr, trois jours plus tard, on m’a rappelé pour corriger :
- On vient de vous attribuer un autre numéro, le 03.44.09… J’annule donc les deux rendez-vous et je vous en donne deux autres…
Il y en aura 19 au total ! Oui, 19 rendez-vous ! Entre temps, on m’a attribué un troisième numéro de téléphone, on m’a fixé, malgré mon étonnement, un rendez-vous le lundi de Pentecôte, annulé bien sûr au dernier moment. On est venu m’installer une ligne de téléphone sans perceuse, puis avec une perceuse mais dont la mèche était trop courte, puis les installateurs avaient oublié l’échelle… On est venu le matin, quand le rendez-vous était prévu l’après-midi. On n’est jamais venu. On est même venu une fois pour m’engueuler parce qu’un collègue n’avait pas fait son travail…
J’ai fini par appeler la direction de France-Télécom à Amiens. J’espérais la fin du cauchemar. C’est vrai, cela sert (parfois) d’être député ! On vous répond très gentiment au téléphone et on vous rappelle toujours. Mais je sais désormais que cela ne suffit pas pour faire avancer les travaux chez France-Télécom…
Les semaines se sont écoulées. Les propositions de rendez-vous se sont enchaînées. J’ai même fini par craquer. Un beau matin, j’ai supplié pour que l’on annule mon dossier :
- Je renonce à avoir le téléphone. S’il vous plait, oubliez-moi. Déchirez ma demande. Je n’en peux plus…
- Impossible, Monsieur, je vous donne deux nouveaux rendez-vous…
Depuis le 21 mai, je paye près de 39 euros, prélevés automatiquement chaque mois sur mon compte. Le 21 mai, je n’avais toujours ni le téléphone, ni la télé, ni internet. On devait venir jeudi dernier, 5 juin. Le gars n’est pas passé. Il devait venir le vendredi soir. Miracle : il est venu ! Sept semaines après mon premier appel au 1014, enfin, j’avais le téléphone, la télé et internet.
Quelqu’un m’aurait raconté cette histoire, je ne l’aurais pas cru. Ou j’aurais pensé qu’il n’était vraiment pas chanceux.
Aujourd’hui, j’en ris, parce que je ne sais pas quoi faire d’autre. Mais il est sûr que je regrette le service public d’antan. Le service public du temps pas si ancien ou l’on pouvait aller dans une agence, rencontrer quelqu’un avec un nom, un visage. Quelqu’un qui faisait de son mieux pour vous répondre. C’était plus ou moins efficace, mais au moins, on ne se moquait pas de vous, caché derrière un centre d’appel anonyme.
Surtout, n’appelez jamais le 1014…