Comme il l’avait annoncé le 27 août à Compiègne, Dominique Bussereau a signé la déclaration d’utilité publique de Seine-Nord qui vient d’être publiée au Journal Officiel. Les acquisitions de terrains vont pouvoir commencer et les travaux devraient débuter dans deux ans environ.
Il est sérieusement temps maintenant de réfléchir et de mettre en place les procédures qui nous permettront localement de profiter au maximum du chantier. 4.000 personnes, selon VNF, vont travailler pendant cinq ans entre Compiègne et le département du Nord.
La question que je pose depuis deux ans au Préfet de l’Oise, au Préfet de Région et au Conseil régional va enfin devoir trouver une réponse. Cette question est simple. Comment faire en sorte que nos chômeurs et nos jeunes qui souhaitent trouver là un métier et un emploi pour cinq ans puissent être formés rapidement aux multiples métiers du chantier : conducteurs d’engins et de camions, ferrailleurs, spécialistes du terrassement et du béton, paysagistes … ?
Si nous continuons à ne pas répondre à cette question et à ne rien faire, nous verrons, comme nous l’avons vu avec l’autoroute A1 et le TGV, débarquer au dernier moment et de partout (et même d’Asie ou d’Europe centrale) des travailleurs que nos chômeurs regarderont travailler.
Je demande donc à l’Etat de rendre obligatoire un pourcentage de recrutements locaux dans les emplois du chantier.
Je demande à l’Etat de veiller à ce que les entreprises locales, y compris les agriculteurs, puissent être associés aux marchés de terrassement (55 millions de mètres cubes vont être déplacés).
Je demande au Conseil régional de démarrer rapidement les formations nécessaires et de lancer des appels à candidatures pour ces formations auprès de tous les chômeurs des territoires traversés par le canal.
De même, il va falloir voir comment VNF entend mettre en place les fameuses « bases de vie » où mangeront et dormiront les 4.000 travailleurs en question. Je demande à ce qu’une priorité soit donnée dans les appels d’offres aux entreprises des régions traversées pour assurer la restauration, l’hébergement et la construction de ces « bases de vie ».
On me dira que les règles de la concurrence ne permettent pas de donner une réponse satisfaisante à toutes ces demandes. Je réponds par avance que vu la situation de l’emploi dans le noyonnais et dans la Somme notamment, et vu les gigantesques nuisances que vont subir pendant des mois et des mois les régions traversées, ceci ne serait que justes compensations.