Le pire est désormais devant nous. Vendredi dernier, le Global carbon project a publié sa nouvelle compilation des statistiques climatiques mondiales. Le résultat est terrifiant ! Le réseau scientifique international estime à 383 ppm la concentration de CO2 dans l’atmosphère (383 millimètres cube de CO2 par mètre cube d’air), soit 37% de plus qu’au début de la révolution industrielle.
Du jamais vu depuis «les 650.000 dernières années et probablement depuis 20 millions d’années», rappelle l’étude. C’est le rythme de son accroissement qui inquiète particulièrement les scientifiques. Durant la décennie 1970, la teneur en dioxyde de carbone progressait de 1,3 ppm par an. Elle progresse désormais de 2,2 ppm par an. Une accélération de 70% en trente ans !
Les responsables sont clairement identifiés : la Chine (confirmée au rang de premier émetteur mondial), les Etats-Unis, la Russie et l’Inde forment le quatuor de tête. Les pays en développement rejettent, collectivement, plus de gaz à effet de serre que les nations les plus industrialisées.
Selon les auteurs de l’étude, trois facteurs expliquent l’évolution à la hausse des émissions carbonées. La croissance de l’économie mondiale a largement contribué à cette inflation. Plus inquiétant, l’intensité carbone de l’économie monde se détériore. La production d’un point de PIB de richesse émet plus de carbone qu’auparavant. Enfin, les puits de carbone voient leur efficacité diminuer. Dans les années 1960, les océans et la forêt absorbaient 60% du gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère. En 2006, cette performance atteignait à peine 55%.
Les conclusions sont évidentes. Les mesures prises, au niveau mondial, pour maîtriser nos émissions polluantes sont inefficaces. Il faut renforcer notre arsenal. Faute de quoi, les estimations de hausse de température moyenne de la planète (+1,8°c à +4°c) annoncées par le GIEC pour la fin du siècle pourraient se produire bien plus tôt que prévu. Mais cela est-il compatible avec la grave crise économique et financière qui est devant nous ?