Depuis que j'ai lancé sur ce blog l'idée d'une consultation et d'un débat le plus ouvert possible sur le travail dominical et sur l'ouverture des magasins le dimanche, je reçois de partout des contributions intéressantes et parfois très originales.
Je voudrais donner ici la parole à Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, qui est à l'origine de la proposition de loi qui pourrait être examinée par l'Assemblée nationale dans les prochaines semaines. C'est ce texte qui a lancé la polémique. On verra, en écoutant Richard Mallié, qu'elle n'intéresse pas le département de l'Oise par exemple, mais seulement les très grandes agglomérations urbaines.
http://www.depute-mallie.com/actu.php?ID=510&RUBRIQUE=122
Je voudrais aussi me faire l'écho de l'initiative de 62 autres de mes collègues UMP et centristes qui ont signé un appel "Touche pas à mon dimanche", sur la proposition de Marc Le Fur, député UMP des Côtes d'Armor.
« Ceux qui demandent l’ouverture des commerces le dimanche ont-ils conscience de toutes les conséquences de leur revendication ? Trois questions doivent être posées à ce sujet », expliquent les signataires.
1/ Quel intérêt économique ? « On dit qu’ouvrir les magasins le dimanche, c’est créer 30.000 emplois. Plusieurs études, dont celle du Conseil économique et social, répondent que l’acte d’achat ne serait que transféré de la semaine au dimanche. Les sites qui ouvrent le dimanche perdent ainsi 30% de leur activité du samedi. Les 30.000 emplois créés ne seraient que transférés de la semaine au week-end. D’autres études montrent qu’à consommation égale, un emploi du dimanche supprimera trois emplois la semaine.
« La logique économique veut qu’on n’effectue pas d’achats supplémentaires sans pouvoir d’achat en hausse. La hausse du pouvoir d’achat ne se décrète pas par l’ouverture des magasins le dimanche. A l’instar des heures de temps libre dégagées par les 35 heures, l’ouverture des magasins le dimanche risquerait plutôt de créer des frustrations et du surendettement », estiment les signataires de l'appel.
2/ Quel impact sur notre société ? «Le travail le dimanche, c’est bien quand cela concerne les autres. C'est moins bien quand cela nous touche personnellement. Or ouvrir les magasins le dimanche ne touchera pas que les commerçants. Il faudra trouver des modes de garde pour les enfants. Qu’en sera-t-il des services bancaires indispensables à l’activité commerciale ? Faudra-t-il livrer les magasins le dimanche ?
« Le travail le dimanche ne se fera que sur volontariat, nous dit-on. Comment peut-on y croire ? Chacun sent très bien que l’ouverture des commerces le dimanche est le cheval de Troie pour une ouverture générale de l’activité professionnelle. Qu’en sera-t-il alors de toutes les activités dominicales, non seulement les cultes, mais également les activités sportives, associatives, familiales..? N’est-il pas préférable de ne pas consommer dans les commerces un jour sur sept et de conserver ces moments de fraternité qui donnent à la vie beaucoup de sens ? Le travail le dimanche est une menace pour les familles. C’est leur retirer un des rares moments de la semaine où elles peuvent se retrouver pour partager des moments indispensables qui participent à la construction de chacun. Pourquoi leur retirer ce refuge essentiel ? », écrivent les 62 députés.
3/ Quel sens donner à une telle revendication ? « L’homme contemporain est-il uniquement un individu consommateur ou est-il l’animal social que définissait Aristote ? S’il n’est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l’homme se construit par les relations qu’il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir chômé un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent être facilitées et gratuites.
« Aujourd’hui, les Français ont encore plus besoin de solidarité qu’hier. Or, la première et la plus vraie des solidarités, la plus efficace, la plus riche en relations et en affection, est certainement la famille. Sachons protéger cette valeur essentielle et ne pas la fragiliser une nouvelle fois », concluent les signataires.