Lors de la séance des questions au gouvernement, hier à l’Assemblée nationale, j’ai interpellé le gouvernement sur sa position face à la direction de Continental.
Voilà la réponse intégrale que m’a faite Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi :
«Monsieur le député, je tiens à vous le dire tout net : le gouvernement comprend votre amertume et partage votre indignation. Certes, il y a une crise automobile. Il ne sert à rien de le nier. Dans tous les pays européens, en ce moment, il y a de 20 à 40% de recul des ventes. En France, ce recul est moins important grâce à la prime à la casse. Au mois de janvier, la production automobile française a même enregistré un léger rebond.
« Mais cette crise n’exonère pas d’un certain comportement. C’est vrai, le groupe Continental enregistre une surcapacité de 12 millions de pneumatiques environ, mais il y avait d’autres moyens de faire. Christine Lagarde et Luc Chatel l’ont clairement indiqué au président de ce groupe lorsqu’il a été reçu.
« La loi est claire : le 31 mars, c’est le comité d’entreprise qui aura la primeur des mesures de restructurations annoncées. Je tiens à vous le dire très clairement, il est inconcevable pour le gouvernement qu’une restructuration brutale ait lieu sur le bassin d’emploi qui concerne aujourd’hui les 1200 salariés de l’usine de Clairoix. Le gouvernement mettra en œuvre tous les moyens légaux pour s’opposer à cette restructuration brutale, si elle devait avoir lieu. Car vous avez eu raison de le noter, Monsieur le député, les salariés de Clairoix ont volontairement adopté de nouvelles modalités de travail en 2007. Les dirigeants de l’entreprise devront en tenir compte.
« Le gouvernement a mis en œuvre dans le cadre du Pacte automobile un certain nombre de mesures de compétitivité. Il mettra aussi en œuvre toute sa vigilance pour éviter les conséquences sociales des restructurations ».