L’Armée de terre se retire définitivement de Picardie. Le Premier ministre et le ministre de la Défense l’ont annoncé ce matin.
Le Régiment de marche du Tchad (1.200 hommes) quittera Noyon pour Colmar en juillet 2011.
Le 41ème Régiment de transmissions (600 hommes) abandonnera Senlis en juillet 2010 pour éclater entre Creil et la région parisienne.
Le 1er Régiment d’infanterie de marine (900 hommes) partira de Laon pour Châlons-en-Champagne, en juillet 2011.
A Compiègne, l’Ecole d’état-major s’en ira à Saumur après 2011 et la Direction centrale du service national partira pour Orléans.
Dans trois ans, il ne restera plus un uniforme kaki en Picardie et dans l’Oise.
Seul Creil s’en tire bien, puisque la base aérienne va être renforcée, notamment dans ses missions de renseignement.
Même si le coup est dur pour Compiègne qui perd deux généraux et son titre de ville de garnison, la Cité impériale s’en remettra, comme elle s’est remise de la dissolution de trois régiments ces dix dernières années. Compiègne obtient une très belle compensation : la ville va récupérer très vite une nouvelle école d’ingénieurs.
Le coup, en revanche est dramatique pour Noyon. Le RMT représente 10% de la population et 20% de la richesse de la ville. Le Régiment injecte tous les mois 3 millions d’euros dans l’économie locale. Il est -et de loin- le premier employeur de la région. Son départ, en termes de pertes d’emplois, représentera 8 fois la fermeture de Jacob Delafon !
Noyon mettra dix ou quinze ans à s’en remettre.
J’ai obtenu néanmoins de l’Elysée que la ville bénéficie de la part de l’Etat d’un « contrat de redynamisation » de 8 millions d’euros. Peu d’autres garnisons abandonnées seront, en France, autant aidée et soutenue que Noyon.
A charge pour la ville, bien sûr, d’avoir maintenant des projets.