Sur les 97 communes de l’Oise qui vont recevoir en épandage les 16.000 premières tonnes de boues archi-polluées de la station d’épuration d’Achères (Yvelines), 12 sont dans ma circonscription. Il s’agit de :
Canton de Guiscard : Bussy, Muirancourt et Guiscard.
Canton de Lassigny : Plessier de Roye.
Canton de Ressons-sur-Matz : Cuvilly, Canny-sur-Matz, Fresnières, Lataule, Mortemer, Neufvy-sur-Aronde, Roye-sur-Matz et Ressons-sur-Matz.
Rappelons que la station d’épuration d’Achères est la plus grande d’Europe. Elle gère les eaux usées de la région parisienne et produit chaque année 140.000 tonnes de boues de mauvaise qualité. Elles sont chargées de métaux lourds (plomb, mercure, chrome, cadmium…), de PCB et d’autres polluants.
La méthode choisie pour les éliminer est, malgré tout, de les épandre dans les…champs agricoles, sous la forme d’un pseudo engrais gratuit appelé Fertifond P.Mieux.
Là encore, on peut se demander qui et comment on a pu choisir l’Oise, ainsi que la Somme et l’Aisne, trois départements éminemment agricoles pour se débarrasser de boues polluées, alors que la seule solution raisonnable aurait été de les enterrer en couche géologique pour éviter de retrouver dans les nappes phréatiques des matières dangereuses pour la santé publique et l’environnement.
Comme dans l’affaire de la décharge du Bois des Loges, l’Oise reste malheureusement, et avec la complicité active de l’Etat et du Conseil général, la poubelle de ses voisins.
Je m’en étais inquiété, il y a plusieurs mois, et j’étais alors intervenu auprès de toutes les communes de ma circonscription visées par le Préfet de l’Oise pour recevoir les boues d’Achères.
J’ai clairement dit aux maires que je me mettais à leur disposition pour éviter à leur commune d’être retenue. Aucun n’a réagi. Je m’en suis étonné auprès de certains, mais j’ai vite compris qu’il y avait de gros intérêts en jeu et que certains élus et certains agriculteurs préféraient fermer les yeux et accepter ces boues… Et tant pis pour les générations futures ! Tant pis pour la qualité des eaux, tant pis pour les conséquences sur l’environnement !
On nous casse les pieds tous les matins avec le Grenelle de l’environnement et l’avenir de la planète. Mais si on commençait par regarder un peu plus et un peu mieux ce qui se passe ici, chez nous, dans l’Oise ? Les vrais combats sont là, et il n’y a pas grand monde pour les mener.