J’ai décidé, en tant que parlementaire et en qualité de Président d’Avenir-Transports, de prendre une initiative afin de promouvoir en France un nouveau type de camion sur lequel travaille déjà plusieurs constructeurs, transporteurs et chargeurs : l’EMS 25 mètres 25. Il s’agit d’un camion plus long et qui accepte une charge 50% supérieure aux camions qui roulent actuellement sur nos routes.
A cela, plusieurs raisons. D’abord, les énormes difficultés que rencontre actuellement le transport routier français de marchandises. A cause de distorsions de concurrence (lois sociales, fiscalité…) par rapport à d’autres pays européens ou d’Europe centrale, nos entreprises dans ce secteur sont sinistrées.
Elles souffrent, de plus, de la crise économique actuelle et de la hausse importante du coût des carburants depuis deux ans. Ainsi, ce sont par centaines que les entreprises françaises de transport routier disparaissent chaque mois.
Outre le poids et l’importance que les transports routiers de marchandises représentent dans notre économie, ils appartiennent à un secteur vital pour toute notre industrie et l’ensemble de l’économie nationale.
Certains pays, comme la Suède, la Finlande et les Pays-Bas, pensent avoir trouvé la solution pour conforter ce secteur. Ils ont autorisé des expérimentations sur de nouvelles méthodes de transport qui permettent d’avoir à la fois des effets positifs sur les coûts de production des industriels (en générant des économies), sur l’environnement (en réduisant la consommation d’énergie donc les émissions de CO2), et sur le volume du trafic routier (par la diminution de nombre de véhicules nécessaires pour transporter un même volume).
Il s’agit de nouveaux ensembles routiers, plus longs (25 mètres 25 au lieu de 18 mètres 75), comportant un attelage soit d’un semi et d’une remorque, soit d’un porteur et d’un semi (voir photo). L’ensemble pèse, en charge, soixante tonnes au lieu de quarante, ce qui réduit le coût à la tonne transportée et le nombre de véhicules sur les routes, donc le nombre d’accidents de la circulation et leur gravité.
Ce système apporte, à terme, une réponse à l’augmentation importante du trafic routier de marchandises qui, selon le Livre blanc du transport routier, pourrait atteindre plus de 30% dans les quinze ans.
Les grands industriels français, conscients du coût du transport dans leur bilan et des difficultés des entreprises françaises de transport routier, sont très favorables à l’expérimentation de ce système en France. D’autant plus que le bilan carbone du 25 mètres 25 semblerait positif. La plupart des principaux chargeurs et les associations représentatives des entreprises de transport routier français sont aujourd’hui demandeurs, eux aussi, d’expérimentations. Un club des 25 mètres 25 s’est même créé pour les promouvoir dans notre pays. Une entreprise de ma circonscription, PKM Logistique, s’est beaucoup impliquée dans ce club et serait prête à mener une expérience sur des trajets identifiés et sur de courtes distances (d’usines à usines où à plates-formes logistiques), afin de ne pas concurrencer le ferroutage.
Dans une question écrite déposée à l’Assemblée nationale, j’ai donc demandé ce lundi à Dominique Bussereau, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, d’accorder rapidement des autorisations dans le cadre d’un dispositif dérogatoire. Cette décision, très attendue par nombre de chargeurs et d’industriels, pourrait contribuer à la survie du transport routier français de marchandises.