Les syndicats de l’usine Continental de Clairoix ont vu mardi Luc Chatel, le Secrétaire d’Etat à l’industrie. Les dirigeants allemands du groupe ont également rencontré le ministre. J’ai vu, quant à moi, Luc Chatel mercredi à l’Assemblée nationale. J’avais, ces dernières semaines, déjà eu l’occasion de rencontrer les responsables du Fonds stratégique d’investissement et du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, créés à l’initiative du président Sarkozy. Je sais par ailleurs que le sénateur Marini suit, lui aussi, le dossier de près et au plus haut niveau.
Nous sommes donc un certain nombre à connaître l’importance de la partie qui est en jeu et dont dépend l’avenir de l’usine de Clairoix et de ses 1.130 salariés.
Je voudrais simplement dire ici un certain nombre de choses :
D’abord, je suis totalement solidaire des salariés de l’entreprise et de leurs représentants dont la direction se moque depuis des mois. En novembre dernier, alerté par des salariés, j’étais intervenu auprès de la direction allemande de l’usine. On m’avait alors rassuré en dénonçant de simples « rumeurs » de fermeture (voir : http://gonnot.over-blog.com/article-25026412.html). Il est clair aujourd’hui que l’on s’est aussi moqué de moi, et cela je n’aime pas beaucoup.
Nous connaissons tous la situation dramatique de l’industrie automobile qui va durer encore et qui conduit, ici ou là, à travers le monde, à du chômage partiel, voire à des fermetures. Je n’admets pas néanmoins que l’on se serve de l’usine de Clairoix et de ses salariés comme d’une variable de négociation, voire de chantage, auprès du gouvernement français.
Je suis intimement persuadé maintenant que « les rumeurs » de fermeture de l’usine de Clairoix, lancées en novembre et relancées aujourd’hui, proviennent de la direction du groupe elle-même, et non pas de la CFDT qui a été manipulée dans cette affaire.
Continental possède en Europe quatre usines. Deux sont en France, à Clairoix et à Sarreguemines. Depuis toujours, l’usine de Clairoix est dans le collimateur du groupe. On en a la preuve manifeste aujourd’hui.
C’est Clairoix que la direction menace de fermer, et non Sarreguemines, alors que, depuis des mois, on a volontairement laissé se dégrader la situation dans l’usine de Clairoix, et que parallèlement on a monté en puissance l’usine de Sarreguemines…
Je vais rester, bien sûr, très attentif et très mobilisé sur ce qui va se passer dans ce dossier dans les prochaines semaines. Mais je reste persuadé, qu’au-delà de la crise de l’automobile qu’il subit mais dont il se sert aussi, le groupe Continental a un sinistre projet à Clairoix qu’il va falloir intelligemment contrecarrer au plan local… Car, comme le dit, Luc Chatel, «même aujourd’hui, des motifs économiques ne peuvent justifier la fermeture du site ».