La fermeture de l’usine Continental de Clairoix est inacceptable. Le mot de « trahison », lancé mardi à l’Assemblée nationale par Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à l’industrie, n’est pas trop fort.
Le ministre avait eu l’occasion, quelques jours plus tôt, de rappeler qu’aucun « motif économique ne pouvait justifier une fermeture ». La crise de l’automobile est là, bien sûr, mais à Clairoix elle sert de prétexte à fermer une usine qui, depuis bien longtemps, dérange le groupe allemand.
Combien de fois, n’avons-nous pas, syndicalistes et élus du compiègnois, entendu dire que « Clairoix coûtait trop cher, que Clairoix ne produisait pas assez, que Sarreguemines faisait mieux, que l’état d’esprit allemand avait du mal à accepter notre façon française de fonctionner »…
Bref, Clairoix faisait tâche dans le groupe. Les nouveaux actionnaires de la filiale pneumatiques du groupe allemand en ont tiré les conséquences en se servant de la crise automobile comme d’un prétexte. Car, enfin, il était tout à fait possible à Continental, comme à tant d’autres équipementiers, français ou européens, de solliciter les aides multiples du Pacte automobile. On a préféré fermer l’usine. C’est aberrant.
A quoi sert que le gouvernement allemand exige d’être associé au Pacte automobile décidé par le Président Sarkozy si ses industriels se comportent comme des brutes sur le terrain, et notamment en France ?
Voir : http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=view&lang=fr&cat_id=8&press_id=2311
Moi, je ne vais pas rester les bras croisés. Je ne vais pas me résigner à la fermeture de l’usine. Je vais me battre, aux côtés des salariés, de leurs représentants, des élus de Clairoix et du compiégnois. Je vais me battre pour faire en sorte pour les 1.120 salariés de l’entreprise voient respecter leurs droits et retrouvent une situation. Je vais me battre pour que le site reste industriel. Je vais me battre pour sauver ce qui peut encore l’être. Je vais tout faire pour que Continental ne quitte pas Clairoix comme des voleurs.
Aujourd’hui, jeudi, j’en ai appelé au Président de la République et au Premier Ministre.
La semaine prochaine, j’interpellerai le Ministre de l’industrie à l’Assemblée. Le gouvernement et les plus hautes autorités de l’Etat doivent s’emparer du dossier et le traiter au plus haut niveau. L’affaire Continental est une affaire d’Etat !
Lundi, à 18 heures, avec Caroline Cayeux, je serai devant l’usine de Clairoix. Nous dirons notre solidarité aux travailleurs de Continental. Nous dirons aussi notre colère aux dirigeants allemands de l’entreprise qui ne s’en tireront pas comme cela !