Si elle maintient son sinistre projet, la direction allemande du groupe Continental va devoir, dans les toutes prochaines semaines, se retourner vers le gouvernement français pour lui demander de prendre en charge le coût de son plan social qui doit conduire à plusieurs centaines de licenciements dans un premier temps, puis à la fermeture complète et définitive de l’usine de Clairoix.
Vu la façon dont les choses se sont passées, je demande au gouvernement, avant d’entamer la moindre négociation, de vérifier un certain nombre de points et d’obtenir du groupe les réponses à un certain nombre de questions :
1) La première est évidente : pourquoi avoir menti depuis si longtemps, à tout le monde, aux salariés, aux élus locaux, aux pouvoirs publics ? Il est clair maintenant que la décision de fermer l’usine de Clairoix ne date pas d’hier, mais qu’elle a été prise il y a de longs mois. Pourquoi avoir démenti les premières informations lancées par la CFDT en novembre 2008 ? Pourquoi avoir cultivé le mensonge depuis, par la bouche notamment de M. Forzy, le directeur du site, qui niait 48 heures encore avant l’annonce fatidique que la moindre décision était prise ?
2) Pourquoi ce simulacre de retour aux 40 heures de travail hebdomadaires alors que l’usine était condamnée ? La direction allemande cherchait-elle alors un prétexte pour fermer le site de Clairoix, en cas de refus ? Les salariés ayant dit oui dans leur majorité, on comprend d’autant plus leur colère aujourd’hui.
3) Pourquoi le groupe Continental n’a-t-il pas cherché à sauver l’usine de Clairoix ? Le gouvernement vient de mettre en place, avec le « Pacte automobile », toute une série d’instruments qui aurait parfaitement pu aider le groupe à sauver l’usine. Il semble que Continental n’ait jamais rien demandé bien que le gouvernement le lui ait proposé.
4) Enfin, pourquoi avoir laissé la situation se dégrader à Clairoix ces derniers mois ? Selon certaines informations très précises, la direction locale a laissé filer les choses à l’intérieur de l’usine de Clairoix, ce qu’elle n’a pas fait à Sarreguemines. Il est malhonnête aujourd’hui de se servir de l’écart de compétitivité entre les deux usines pour justifier le sacrifice de Clairoix.
Je demande vraiment au gouvernement d’obtenir des réponses claires et précises à ces quatre questions.
Le groupe Continental ne s’est pas bien comporté dans cette affaire. Il a manipulé tout le monde, il a menti à tout le monde, il a trahi tout le monde. La colère qui se manifeste depuis une semaine est le résultat de ce comportement coupable et inacceptable.