Je viens de faire parvenir à M. Xavier Caitucoli, président-directeur général de la société Direct Energie, la lettre suivante :
« Monsieur le Président,
« Comme tous les habitants du département, je suis avec beaucoup d’attention les premiers pas de votre projet de construction d’une centrale de production d'électricité au gaz sur la commune de Verberie.
« Je veux tout d’abord vous remercier pour la confiance que vous portez à notre département en ayant décidé d’investir ici 550 millions d’euros dans une centrale nécessaire à la consommation électrique de notre pays. Merci aussi pour la cinquantaine d’emplois que vous allez créer. Merci encore pour les deux millions d’euros de taxe professionnelle que vous allez verser aux différentes collectivités territoriales du département pendant les cinquante années d’exploitation de la centrale. En ces temps de crise et de morosité, les hommes de confiance et les investisseurs ne sont plus si nombreux.
« Je suis très attentif, bien sûr, aux difficultés actuelles que vous rencontrez avec les écologistes du secteur auxquels, par opportunisme, se sont ralliés certains élus de gauche. J’ai bien compris qu’ils avaient trouvé en vous une cible idéale. Ils ont décidé de vous contraindre à renoncer à votre projet et tous les moyens vont être bons pour y parvenir.
« Je vous écris pour vous demander de tenir bon. Mieux, je vous écris pour vous proposer éventuellement une solution de rechange, dans le cas où vos adversaires parviendraient, par malheur, à vous faire plier.
« Cette solution consisterait, tout simplement, à venir vous installer dans le noyonnais. Il y a deux ans, vous avez déjà prospecté, comme l’un de vos concurrents, des sites possibles dans certaines communes du noyonnais.
« Là, existent à proximité le canal, un gazoduc et même un poste de transformation électrique qui vous permettrait de vous brancher directement sur le réseau national. Des études ont déjà été faites sur le terrain pour vous accueillir, et toutes se sont, à ma connaissance, révélées satisfaisantes.
« Là, les élus et les habitants sont accueillants. Certains conseils municipaux ont déjà débattu de votre éventuelle venue, et dans ce coin-là de Picardie, je ne connais personne qui refuserait un investissement d‘un demi milliard d’euros, une taxe professionnelle de deux millions par an et 50 emplois garantis pendant un demi siècle. Ici, on ne peut pas se payer ce luxe.
« Voilà, Monsieur le Président. Gardez ma proposition en tête, elle est très sérieuse. Etudiez-là, et si vraiment la région de Verberie vous est trop hostile, téléphonez-nous, vous serez ici le bienvenu et nous ferons tout pour vous réconcilier avec ce beau département. J’espère votre appel. Très cordialement ».
François-Michel Gonnot, député.