Après avoir, la semaine dernière, saccagé la sous-préfecture de Compiègne pour faire parler d’eux au 20 heures, les casseurs sont allés à l’usine de Continental pour vandaliser le bureau d’accueil situé à l’entrée de l’usine. On peut se demander, bien sûr, pourquoi ils s’en sont pris à ce bâtiment qui, apparemment, n’a pas une importance stratégique.
Mais les casseurs savaient ce qu’ils faisaient. Ce qu’ils ont détruit, ce n’est pas la guérite d’entrée de l’usine. Ils ont, en fait, détruit le standard téléphonique et tous les systèmes de sécurité des bâtiments et des chaînes de fabrication de l’usine. Les casseurs voulaient rendre -et ont rendu- l’ensemble de l’usine inutilisable.
En saccageant ce petit bâtiment, ils se sont en réalité assurés que l’usine ne fonctionnerait plus pendant des semaines, et que la direction, quoiqu’il arrive, ne pourrait pas rappeler les salariés pour les faire travailler.
Les casseurs, une bande de salariés instrumentalisés par les trotskistes de Lutte Ouvrière, ont mené ces opérations contre la sous-préfecture et contre l’usine Continental de façon précise et organisée. Elles avaient été conçues d’avance et avec méthode.
Le drame est que ces actions violentes, outre la mauvaise publicité qu’elles donnent au mouvement social et aux Conti dans leur ensemble, vont diviser l’intersyndicale, couper les syndicats de leur base, et compliquer la reprise éventuelle du site.
C’est sans doute aussi ce que voulaient ceux qui ont inspiré ces actions à une poignée de salariés désespérés.