Déboutés en justice, les syndicats représentant la grande majorité des salariés de Continental se sont retournés, il y a quelques jours, vers l’Etat qu’ils appellent au secours. L’Etat n’a pas attendu cet appel. Depuis des semaines maintenant, il s’est impliqué dans le conflit aux côtés des salariés :
- Dès le premier jour où la direction de Continental a fait connaître ses sinistres projets, l’Etat s’est exprimé au plus haut niveau.
- Le Président de la République a demandé personnellement, le lendemain, des explications à Angela Merkel et l’a mise en garde sur le non-respect de certaines procédures.
- Les Continental ont été reçus à l’Elysée, puis à Bercy.
- L’Etat, par la voix de plusieurs ministres, a maintes fois exprimé sa solidarité.
- Il a fait connaître sa position devant le tribunal de Sarreguemines par la voix du Procureur de la République qui a demandé l’annulation du plan de licenciements.
- Le gouvernement a financé certains transports des salariés. Il leur a permis de louer à la SNCF un train spécial à des prix sans concurrence pour aller à Hanovre.
- Il offre maintenant sa médiation qui débutera mercredi prochain.
- Il cherche des repreneurs potentiels…
…Non, rien ne justifiait d’aller occuper avec violence la sous-préfecture de Compiègne ni de la vandaliser parce que le tribunal de Sarreguemines n’a pas suivi les réquisitions du Parquet.
Ces actes de violence, qui sont le fait d’une poignée de casseurs manipulés par quelques trotskistes venus d’ailleurs, ne servent pas le mouvement des Conti qui, jusque-là attirait la sympathie de tous.
Le Parquet de Compiègne recherche (parait-il) et va poursuivre (parait-il) les auteurs du saccage de la sous-préfecture. Il ne doit pas être très compliqué en tout cas de les identifier. Les casseurs avaient organisé leur publicité. Ils ont tout saccagé en direct devant les caméras de la télévision et sous les objectifs des journalistes convoqués pour la circonstance, et même en présence d’un conseiller général de gauche !
Mais le gouvernement et la justice auront-ils le courage d’aller jusqu’au bout de leurs propos de fermeté ? A suivre…