L’une des questions de la rentrée, dans le noyonnais, sera de savoir si le maire socialiste de Noyon va abandonner ou, au contraire, mener à terme son pari fou de s’emparer des compétences, du personnel et de l’argent des 43 communes du Pays noyonnais.
Après l’échec de la communauté d’agglomération dont même le maire socialiste de Roye ne veut plus, M. Deguise faute de pouvoir s’emparer de la taxe professionnelle des communes, a mis à l’étude une intégration à la communauté de communes du Pays noyonnais de toutes les compétences des 43 communes adhérentes et de tout leur personnel. Ceci lui permettrait de récupérer les dotations de fonctionnement de l’Etat.
Le président de la Communauté de communes voulait ainsi récupérer :
- les équipements sportifs et culturels des communes,
- les salles polyvalentes,
- les écoles,
- la voirie,
- l’eau et l’assainissement,
- la gestion du personnel communal,
- et les compétences « sécurité publique » et « inondations »…
Des dizaines de réunions ont eu lieu, depuis janvier, pour tenter de convaincre les maires de renoncer à leurs pouvoirs et à l’indépendance de leurs communes. On est même allé jusqu’à faire sortir de sa retraite l’ancien percepteur de Noyon, Daniel Lemaire (le père de Philippe). Embauché à 24 euros de l’heure, il s’est employé pendant six mois à faire pression sur les maires.
Plus le temps a passé, plus les résistances se sont manifestées, notamment dans les petites communes rurales du canton de Guiscard où l’on a très vite compris que, si on laissait faire, il ne resterait plus rien aux communes et à leurs conseils municipaux.
Solente a demandé à quitter la CCPN pour le Pays des Sources et a obtenu le feu vert du Préfet. Catigny, devant les mauvaises manières à propos du port, a également délibéré pour quitter le Pays noyonnais et rejoindre le Pays des Sources. Muirancourt, Campagne et Frétoy-le-château ont fait de même en juin dernier. Flavy-le-Meldeux a demandé à rejoindre la Somme.
Avant de partir en vacances, en juillet, et craignant que le vent de la révolte n’emporte tout, le maire de Noyon aurait finalement renoncé. Lâché par Daniel Lemaire pour incompatibilité d’humeur avec le nouveau directeur des services de la communauté de communes, il aurait limité ses ambitions à deux compétences.
Seuls les équipements sportifs et culturels seraient transférés à la communauté de communes. Mais ceci permettrait, et ce n’est déjà pas si mal, à la ville de Noyon de faire payer par les 43 communes du pays noyonnais sa nouvelle piscine-patinoire et, chaque année, les millions des déficits du Chevalet et de l’Ecole de musique de Noyon…